Dec 06 2009

Soudaine envie d’écrire

Published by Jaessa at 1:29 am under Jaessa

La télé déverse quantitée de choses insipides. Des séries télés, des talk shows, des nanards.

Et puis, il y a le sujet commun au trois qui semblent avoir grave le vent en poupe depuis quelques années : L’infidélité.

Faneliah nous confirmera notamment qu’il s’agit d’une des marques de fabrique d’un scénario de film de base (français de surcroit).

Bref, tout ça plus une soirée à siroter un fond de bouteille de pétillant datant du week end dernier – et donc sans bulle – m’ont amenée à écrire le texte suivant. Je me mets dans la peau d’une femme adultère. Epoque lointaine dans le passé. Mais de toute façon, on fait pas non plus dans la finesse quand on écrit à minuit et qu’on est pas forcément très lucide. :) C’est très court. Ca pourrait être développé mais ça n’est pas le cas. Bonne lecture :

Acoudée nue à la fenêtre, elle laissa le vent frais de la nuit la caresser. Le frisson qui la parcourut fit naître une larme amère au coin de ses yeux. Cette sensation qui courait sous sa peau avait été délicieuse lorsqu’elle avait été administrée par les doigts experts de son amant. Mais à la douceur de l’extase s’était substituée la rudesse de la frustration.

“Des nouvelles de ton époux?”

La question était posée avec cette nonchalance feinte qui précède bien souvent l’orage.

Mais les vieilles tempêtes ne se fatiguent pas facilement.

“Tu sais bien qu’il est loin. Si des nouvelles doivent nous parvenir, ça ne sera pas pour tout de suite.”

Elle crut entendre un soupir. Elle se prit à rêver à des circonstances différentes. Des choix changés. Des souvenirs envolés.

“Tu n’as pas l’air bien impatiente.”

Première attaque. Visiblement, ce n’est pas la peine de la cacher.

“Il n’est pas facile de souhaiter la mort d’un mari qu’on ne déteste pas.

- Même si tu ne l’as pas vu depuis 10 ans? Ah mais c’est vrai, j’oubliai. Il te nourrit avec sa position glorieuse dans l’armée de notre seigneur…”

Deuxième attaque. Toujours la même.

“Tu sais bien que ça n’est pas si simple.”

Elle avait le beau rôle comme on dit. Mais qu’y a-t-il de beau dans une vie de mensonges et de doutes? Certes la situation était ce qu’elle était par sa faute. Mais cela rendait-il nulles ses excuses pour autant? Délaissée, seule, elle n’avait qu’une situation sociale sans figure humaine.

L’homme qu’elle tenait dans ses bras avait comblé ce manque. Il l’avait soutenue. Mais il ne pouvait rester éternellement dans l’ombre.

“Oui, bien sûr. Il n’empêche que ça t’arrange bien. Un officiel pour la vie. Un officieux pour le reste.”

Elle ne pouvait rien répondre. Rien ne calmerait la colère de son amant. Il n’avait pas totalement tort. Mais elle ne pouvait rien faire. Toutes les réponses étaient une impasse.

Sauf si de l’armée en déroute lui parvenait l’annonce de la mort de son époux. Mais malgré tout, elle savait qu’elle ne pourrait pas se réjouir d’une telle nouvelle. Son amant avait encore lancé quelques accusations, frustré de n’obtenir que du silence en guise de réponse. Puis, il était parti, plus triste que furieux, disparaissant dans les rues noires de la ville.

Toujours acoudée à sa fenêtre, elle regardait le soleil commencer à teinter de rougele ciel. Cela ne faisait que quelques heures qu’il était parti et pourtant elle aspirait déjà à son retour.

Une servante entra discrètement dans la chambre, en se tordant les mains d’un air effondré.

“Madame…Madame, l’on vient de me rapporter que l’ami de madame a été retrouvé mort, il y a 1h. Il aurait noué le châle que vous portiez sur vos épaules aujourd’hui autour de son cou avant de…de…”

Tout devint flou alors. Avec sa mort, il venait d’apporter la plus triste des réponses à toutes ses questions.

Tombant à genoux, elle se mit à pleurer.

Car oui, vraiment, elle l’aimait.

Il est difficile d’enchaîner après ça. Bien que triste, j’espères que vous aurez apprécier ce petit texte. Je vais maintenant éteindre la télé et aller me coucher. Bon dimanche.

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