Oct 02 2008

De la vie parisienne,

Published by Jaessa at 1:39 pm under Jaessa, Real Life

En ces temps de crise financière, nous autres pauvres membres de la classe moyenne tremblons un peu plus que d’habitude. Non mais c’est vrai quoi. Dès qu’il est question d’argent, c’est nous qui trinquons.

Rassurez vous, je ne compte pas parler d’argent. C’est un sujet tabou. ;) Mais cela m’offre une très jolie transition vers mon sujet qui est l’art de vivre à la parisienne.

Et oui, venant de province (de l’étranger diront certains), j’ai pu comparer les deux styles de vie.
Tout d’abord, précisons le cadre initial de ma ville d’origine : Lille. J’en vois déjà grincer des dents en prenant de grands airs. Le Nord…Les corons…Le chômage…Et bien détrompez-vous. Lille est une ville au dynamisme florissant. Plateforme commerciale du nord de l’Europe, ville culturelle, estudiantine (donc vivante) ou l’on a développé – à l’instar de ces villes où il fait rarement grand soleil – de nombreuses activités en intérieure.
Et c’est une pléthore de cinéma, de musées, de bars, de restaurants, de centre commerciaux, sportifs, salles de concerts qui vous accueillent et n’attendent que vous. Lille a été le théâtre de ma vie de paria (private joke inside :) ) jusqu’à la fin de mes études. Et ce fut à contrecœur que je suis venue m’installer à Paris, pleine d’apriori et, il faut le dire, d’inquiétude.

Je débarquais donc gare du nord un soir de premier janvier 2007 (on notera la précision). Valise à la main, fleur au fusil la mort dans l’âme la larme à l’œil et chaussures aux pieds (?!) que j’emménageais dans mon meublé de 23m² du Xème arrondissement. On va vite passer sur la première année qui confirma quelques clichés et en balaya d’autres. En vrac : Les parisiens sont over stressés. Les parisiens sont malpolis. Les parisiens conduisent comme des pieds (quoi que personnellement, étant piétonne 24/7 à Paris, je trouve que mes pieds conduisent bien). Les parisiens ont oublié d’être heureux.

Bon, comme toujours, ce sont des généralités. Heureusement, il y a des exceptions. Et j’en ai rencontré, quid au travail, quid en dehors. Et de fil en aiguille, je suis sortie de mon terrier. Et là j’ai découvert plusieurs choses : Bizarrement, être piéton n’est pas aussi handicapant qu’on le pense à la base. Avec son réseau de métro (qui pue), Paris permet effectivement de se rendre n’importe où dans la capitale en (assez) peu de temps. Et donc de fil en aiguille, on découvre les restos, les musées (ah si quand même…Bon, faut que j’aille à Orsay moi. Ca fait deux ans que je le dis), les parcs, les monuments, les librairies et les séances d’ultimate.

On en arrive à un moment à une conclusion étrange : Mais en fait…Paris…C’est Lille en plus grand (remarquez la subtile comparaison Paris = Lille et non l’inverse. J’suis de ch’nord et ça, ça ne changera pas). Un peu plus froid quand même. Pas la météo voyons. Humainement. La faute principalement au métro qui ressemble plus à un réseau de transports de zombies qu’à un mode de transport urbain. Mais globalement, on a une architecture commune, un fonctionnement commun, une météo commune (ah si, là, j’insiste), et une passion pour le divertissement commune.

En clair, si aujourd’hui je me voyais proposer un travail équivalent sur Lille, je dois avouer que j’hésiterai un peu.  Ce qui ferait pencher la balance serait sans doute des questions d’argent. J’aurai sans doute un salaire inférieur, mais pour un loyer équivalent je pourrai louer un appartement de 90m² au lieu de 23, je payerai moins d’impôts et je gagnerai sans doute en qualité de vie.

Au final, je pense que les gens qui disent ne pas s’adapter à la vie parisienne (au sens large. La banlieue est comprise dans ce raisonnement “provincial”) ne sont au final pour la plupart que des gens  qui ne peuvent pas passer au delà de leur préjugés, ou alors des gens ayant été forcés de bouger qui s’enferment dans une espèce de nostalgie de la “province natale” les amenant à haïr la capitale non pour ce qu’elle est, mais ce qu’elle représente.

Car comment un style de vie pourrait s’attacher plus à une ville (qui n’est en soit que des amoncellements de matériaux) qu’à une population?

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